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La nouvelle édition de L’Ososphère marque un tournant dans l’histoire du festival. Non seulement, son exposition en arts numériques est prolongée d’une semaine sur le site des Nuits, mais des œuvres sont présentées au-delà du périmètre premier, dans divers lieux à Strasbourg. |
Le fait d’associer les arts numériques à une manifestation qui s’appuie sur la culture des musiques électroniques, vient d’une intuition initiale. Comme nous le rappelle Thierry Danet, le directeur de la programmation de L’Ososphère, il s’agissait « d’inventer une forme qui soit une proposition de dialogue avec une énergie qui venait du mouvement techno. » Dans la somme des propositions, il s’agissait également d’étendre ce dialogue en menant une réflexion par rapport à la ville. « Il y avait quelque chose à raconter, à partir d’un bout de ville, dans un quartier qui est à moins de 5 minutes de la Place Kléber, mais qui reste délaissé. » D’où l’idée de « faire exister à Strasbourg, ville qui fonctionne sur des temps et des objets assez institutionnels, la chose de nuit et la plier, et donc de se payer l’éphémère, tout en construisant un récit. » Thierry nous rappelle l’origine de cette intuition ; elle lui vient d’un cours d’Histoire en seconde, au cours duquel il était fait allusion à l’Aubette, « destinée au public, complètement en prise avec les dynamiques de loisir et de culture de son époque, le cinéma, le café, le bal, la convivialité d’un restaurant, et qui en même temps se distinguait parce qu’on avait cherché la pointe de la modernité chez des artistes qui étaient des éclaireurs de quelque chose de nouveau. »
Aujourd’hui, avec L’Ososphère, Thierry va encore plus loin : « Je n’ai pas envie de faire de la décoration dans ce quartier. J’ai envie de le raconter avec des artistes, vidéastes, chorégraphes ou architectes. » Inutile de chercher à masquer, mais bien à investir l’espace. « Oui, et au-delà de cela, proposer et partager. » Aujourd’hui, la manifestation rayonne bien au-delà des frontière de la ville, de la région et même du pays, elle a su révéler ce quartier, et bon nombre d’artistes qui y sont intervenus – « tout en restant dans le tempo de ce qui se passe », nous précise-t-il –, mais il ne s’agit pas pour autant de s’arrêter en si bon chemin. La nouvelle édition prolonge le temps de l’exposition d’une semaine, et mieux encore s’installe dans la ville, avec la présence de conteneurs dans lesquels on pourra assister à des performances ou découvrir des installations. « Ce qui me plaît désormais c’est d’aller en percussion de l’espace public, aller dans la ville, et venir proposer ce que l’on fait dans ce qui s’apparente à un huis clos, pendant les deux nuits, au contact des gens. »
Par Emmanuel Abela
Photo : Sébastien Roux et Vincent Epplay
Les Nuits Électroniques de l’Ososphère, les 25 et 26 septembre, quartier de la Laiterie, à Strasbourg
Expositions, du 25 septembre au 3 octobre, quartier de la Laiterie et au cœur de Strasbourg
www.ososphere.org
