Housse de Racket, smash électrique gagnant

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Leur morceau Oh Yeah ! s’impose comme le hit de cet automne. Tout semble possible pour les deux Housse de Racket qui brouillent les pistes et puisent aussi bien dans la soul classique que dans les gimmicks glam, proto-electro ’70s ou punk. Chronique d’un succès annoncé ! 


Vous avez affirmé avoir été traumatisés par Discovery de Daft Punk, parce que ce disque a amené la pop dans les clubs. Ce qui est justement très surprenant sur votre disque c’est cette approche résolument pop qui se cache derrière de faux contours electro. 

Oui, nous essayons de ne pas nous cloisonner à un style en particulier. Au début de Housse de Racket, l'idée était de racketter la house. Nous avons donc appliqué cette formule aux différents styles de musique que nous avons écoutés au fil des époques. De Nirvana à Stevie Wonder, de Steel Pulse à Depeche Mode, de Joe Dassin à Prince, nous sommes de véritables éponges... Le tout est de trouver son style.

Il est difficile d'échapper aux modes, mais le fait que l'album ait été composé sur une assez longue période lui donne peut-être un côté hétérogène, entre influences retro et influences myspace. 

 flux4itw_houssederacket.jpg   "On a essayé de faire un concept-album, un opéra rock où tous les morceaux s'enchaînent et racontent une histoire. C'était quelque chose de très marqué au stade initial de l'écriture puis ça s'est un peu estompé au fur et à mesure de l'enregistrement. Au final, c'est “comprend qui peut, comprend qui veut”.


Vous ne craignez rien, ni surtout le kitsch par moments, aussi bien  dans les sonorités que dans les paroles, comme dans Synthétiseur ou  Pacific Sunset. Une manière de réactiver un pan de notre culture ‘70s injustement refoulé ou de vraiment fonctionner sur le fil du troisième degré ?
Nous ne sommes pas des nostalgiques, nous n'avons pas de volonté de réactiver quoi que ce soit.... Un morceau comme Le Rendez-Vous a une dimension tragique qui vient de l'utilisation de certains sons. Il n'y a pas de volonté kitsch, second degré... Il y a plusieurs niveaux de lecture, chacun les interprète à sa manière. Nous aimons que la frontière entre premier et second degré ne soit pas distincte. 

Vous imposez le chant en français. Avez-vous conscience que même si d’autres s’y sont frottés, c’est sans doute là que vous vous montrez le plus gentiment subversif ? Nous avons eu cette volonté très tôt. Nous avons voulu nous démarquer, il a été parfois difficile de garder le cap, mais notre singularité vient en partie de là. 

Il y a une unité de ton sur le disque, on a le sentiment d’un concept-album comme on en proposait dans les années 70.  C'était un choix dès le départ.
On a essayé de faire un concept-album, un opéra rock où tous les morceaux s'enchaînent et racontent une histoire. C'était quelque chose de très marqué au stade initial de l'écriture puis ça s'est un peu estompé au fur et à mesure de l'enregistrement. Au final, c'est “comprend qui peut, comprend qui veut”. Nous considérons un album comme une entité.  

Un mot sur votre rencontre avec Renaud Letang et surtout avec Gonzales, esprit justement subversif et décalé s’il en est. En quoi ont-ils confirmé vos options musicales initiales ?

C'est d'abord Gonzales qui a découvert nos démos, puis Renaud Létang. Gonzales nous a donné quelques directions à suivre, quelques conseils et  d'une certaine manière, nous a donné confiance en notre projet. On sentait que les morceaux lui plaisaient et cela nous a conforté dans nos choix. Il est venu en studio et a participé sur un morceau. Plus récemment, il nous a fait un remix de Oh Yeah !.

Renaud Létang a mixé l'album. C'était très impressionnant de le voir travailler. On a beaucoup appris à ces côtés et il nous a beaucoup apporté, notamment sur les voix. Quand il recevait des disques d'or pendant le mixage, on se disait qu'on bossait avec le bon mec... On est trop subversif mec ! 

On annonce des concerts sauvages, cette manière d’adapter vos compositions pour la scène révèle-t-elle votre côté “mauvais garçons” qu’on sent présent sur tout le disque ?

Après avoir longtemps joué à cinq, nous nous tournons depuis peu vers une formule simplifiée où nous sommes juste deux. Il y a donc un côté plus brut et qui va plus à l'essentiel. Quant au côté "mauvais garçons", on n'en sait rien, c'est vrai qu'on joue fort...

Propos recueillis par Emmanuel Abela

Premier album : Forty Love, Discograph
http://www.myspace.com/houssederacket

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  "De Nirvana à Stevie Wonder, de Steel Pulse à Depeche Mode, de Joe Dassin à Prince, nous sommes de véritables éponges... Le tout est de trouver son style."