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Chanteur et guitariste folk anglo-italien, peintre et grand admirateur de Bacon, Piers Faccini est autant inspiré par la musique malienne que par le blues du Mississippi. |
En 2004, nous étions tombé sous le charme de All The Move in All The World, un morceau élégamment clipé par Fred Poulet sur une plage mouillée de Normandie. Cinq ans plus tard Piers Faccini est de retour avec Two Grains of Sand, un troisième album solo composé entièrement à la maison, dans ce coin des Cévennes qu’il a découvert avec sa femme en 2003.
![]() Estampe réalisée par Piers Faccini pour illustrer un livre de poèmes de Dom Gabrielli |
A l’époque, quitter Londres l’a aidé à voler de ses propres ailes, lui qui avait jusque-là caché sa timidité en s’abritant derrière la slameuse Francesca Beard au sein du groupe Charley Marlowe. Émancipé mais pas fâché, le chanteur désormais solitaire a invité Francesca sur The Dust in our Eyes, un des morceaux les plus radieux de son nouvel album. Lorsque l’on retrouve Piers Faccini mi-avril pendant les balances du festival Caméléon à Kingersheim, sa voix fiévreuse nous harponne instantanément, sans violence mais avec un plaisir presque palpable. Un peu plus tard dans les loges, c’est avec le même plaisir communicatif qu’il nous parle de musique, de peinture et des influences dont il se nourri pour créer avec une exigence peu commune. Le songwriter, qui se souvient d’avoir eu l’impression de découvrir sa propre musique en écoutant pour la première fois Skip James ou Ali Farka Touré, a parfaitement su assimiler ses influences (des vieux bluesmen à Nick Drake en passant par Bob Dylan et Woody Guthrie) sans jamais chercher à les occulter. Les rythmes africains, qu’ils aient ou non transités par le blues, irriguent ses chansons pleines de vécu, de choses observées et de poésie. |
Lecteur de William Blake, Friedrich Hölderlin, Rainer Maria Rilke, Paul Ceylan et de Roumi, un poète soufi, Piers Faccini est aussi un observateur lucide sensible au chaos ambiant : « Pour cet album, j’ai essayé d’aller un peu plus loin dans l’écriture et dans la complexité de ce que l’on peut raconter avec une chanson, afin d’aborder des thèmes plus politiques ». Qu’il chante l’incapacité des hommes à s’entendre ou qu’il célèbre la mémoire d’un être cher mort d’overdose (Who Loves The Shade), Piers Faccini se veut optimiste malgré tout. En l’invitant à jouer dans un lieu aussi intime que l’église Saint-Pierre-sur-l’Hâte, le festival C’est dans la Vallée ne s’est pas trompé : « Je jouerai en solo avec une guitare acoustique et si j’ai envie d’improviser, de prendre ma chanson et de l’emmener quelque part, je pourrai le faire sans aucun souci. Je jouerai au moins deux ou trois morceaux de gospel, de blues… des chansons où la voix porte et ou il y a de l’émotion. Des trucs que j’adore… »
Propos recueillis par Philippe Schweyer
Photos : Jean-Baptiste Mondino
Dernier album : Two Grains of Sand, Tôt ou Tard
www.piersfaccini.com
En concert le 30 mai à 18h à l’église Saint-Pierre-sur-L’Hâte, à Sainte-Marie-aux-Mines, dans le cadre du festival C'est dans la Vallée.
