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Charlie Winston, Like a Hobo

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C’est certainement l’une des révélations de ce début d’année. Charlie Winston a commencé par une apparition remarquée – et remarquable – dans Taratata où sa sensibilité et son immense talent sont apparus avant même la sortie de son album. On y apprend en plus que c’est Peter Gabriel qui produit l’album après que Charlie Winston a gardé sa fille lors d’une soirée ! Un teasing exceptionnel en somme. Quelques jours plus tard, voici enfin le disque dans les bacs et sans aller jusqu’au stade de merveille, il mérite amplement le qualificatif de «superbe album». On entre tambour battant dans un univers soul à grand renfort d’une ligne de basse imparable sur In Your Hands. Suit le tubissime Like a Hobo et son thème sifflé à la Ennio Morricone. Au troisième morceau, Kick the Bucket, on en arrive à se demander si on ne tient pas là le nouveau Keziah Jones, où si le Blue Funk n’a pas fait un nouvel adepte. Mais c’est le moment que choisit Charlie Winston pour prendre son auditeur à contre-pied et partir dans des compositions plus épurées, avec des mélodies plus léchées, plus douces aussi. Et l’Anglais sait y faire. Dans Tongue Tied, son talent de compositeur est évident et Winston étale sa créativité et son originalité sans pour autant sombrer dans la facilité ou le démonstratif. En tendant l’oreille, on entendra donc du Keziah Jones sur le début, du Tom Waits ou du Léonard Cohen sur le milieu, une ligne de cordes digne du Magical Mistery Tour des Beatles, une référence aux Red Hot Chili Peppers sur My life as a Duck (qui rappelle Pea), ou encore la soul enjouée d’Otis Redding. Et oui, tout ça dans le même album. Une seule chose à craindre : que ce disque reste son chef d’œuvre et que le star system l’oblige à se compromettre pour le deuxième opus. En attendant, ce Like a Hobo (comme un vagabond) s’impose comme une évidence. (S.R.)
Like a Hobo, Atmosphériques

 

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