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Stéphanie Chuat et Véronique Reymond, la vie en dehors des murs de La petite chambre

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En abordant le sujet très actuel du vieillissement de la population, Stéphanie Chuat et Véronique Reymond nous proposent une leçon de vie et nous rappellent l’importance des relations humaines. Rencontre avec l’enthousiasme des deux réalisatrices.


Vous travaillez ensemble depuis longtemps, pourtant réaliser un film à deux n’est pas chose courante. Où est né votre duo particulier ?

Véronique Reymond : Nous nous sommes rencontrées à l’école à l’âge de 10 ans. À 14 ans, notre amitié s’est révélée lors d’une pièce de théâtre que nous tentions de mener à bien pour financer un voyage de classe. Dans les loges installées dans la salle polyvalente, une complicité s’est créée autour de notre passion commune pour le théâtre.

Stéphanie Chuat : Par la suite, notre amitié est devenue complète et quotidienne. Nous étions ensemble au lycée et nous gardons des souvenirs mémorables de nos virées nocturnes en cyclomoteur à chanter du U2 !

De cette amitié est née une belle relation humaine, mais comment appréhendez-vous le travail à deux ?

V.R : Nous avons d’abord développé des carrières comédiennes, chacune de notre côté. L’envie de travailler ensemble ne nous a pourtant jamais quittée. En parallèle à nos activités d’actrices, nous prenions beaucoup de plaisir à créer des spectacles en duo. Cette collaboration a naturellement pris de plus en plus de place de nos vies…

Vous réalisez votre premier long-métrage, cette aventure ne vous a-t-elle pas effrayées ?

S.C : Personne ne nous a demandé de réaliser un film et nous n’étions pas considérées comme de « jeunes espoirs » que tout le monde attendait. Pourtant, nous avons cultivé l’idée de notre film, nous voulions mener ce projet à bien ! À l’amorce du projet, nous avons eu beaucoup de mal à convaincre un producteur jusqu’à ce que quelqu’un nous fasse confiance.

La petite chambre aborde des sujets lourds, graves. D’où vous vient l’idée d’un film autour de la vieillesse, la mort, le deuil…?

S.C : Le point de départ du film était un concours réalisé par la télévision suisse-romande qui s’appelait « les films d’ici ». Le but étant de développer des projets qui puissent intéresser la population. En Suisse comme ailleurs, le vieillissement de la population est un problème actuel. D’autre part, nous avions une relation très forte avec nos grands-mères. Ce thème était en nous depuis longtemps. Au départ, le film était basé sur la relation entre une infirmière et une personne âgée qui refuse de s’installer en maison de retraite. Par la suite, nous voulions fragiliser le personnage de l’infirmière, d’où le deuil périnatal. Chacun avait alors une faille qui leur permettait de se rencontrer.

V.R : Nous traitons de thèmes très durs mais il ne faut pas occulter qu’il s’agit d’une rencontre entre deux personnages forts, battants, révoltés par la situation qu’ils vivent. En cela, nous racontons dans ce film une histoire pleine de vie !

Comment avez-vous ressenti l’ambiance du tournage ?

V.R : Nous recherchions un jeu très réaliste et sincère qui demandait aux comédiens d’entrer intégralement dans leurs personnages. Nous ne sommes pas sorties indemnes de certaines scènes, parfois très violentes. Nous étions forcément en lien avec les émotions mais aussi avec la technique : le cadrage, le décor, les accessoires, les comédiens, le timing…

Propos recueillis par Pauline Hofmann et Sophie Ruch à l’occasion de l’avant-première de La petite chambre le 3 février au Star Saint-Exupéry.

La petite chambre, à l’affiche à partir du 16 février.

Chronique cinéma du film sur le site de flux4.


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