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Toy Fight, la pop mise à nu

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Depuis quelque temps le festival Novosonic – le bien-nommé – explore la pop sous toutes ses formes. Cette sixième édition ne dérogera pas à la règle avec la présence du vétéran Dogbowl, des sautillants Micachu and The Shapes et d’un groupe français prometteur, Toy Fight.

Ça fait un petit de temps que les groupes français dament le pion à nos amis britons sur le terrain de la pop. À l’écoute du premier album de Toy Fight, on est sidérés par le niveau d’acquisition d’un langage qui nous était resté, à quelques exceptions près, totalement étranger. Avec ce groupe parisien, on a le sentiment d’une vraie addition de trois personnalités fortes, David Simonetta, Maxime Chamoux et Sebastian Broca, qui apportent leur univers propre, et pourtant une étonnante cohérence d’ensemble naît de la somme des idées. « Ça naît d’une ultra-démocratie, qui est basée sur des discussions sur les mélodies et les arrangements. On parle énormément – peut-être autant qu’on joue –, nous expose Maxime. J’imagine que nos univers sont assez distincts et complémentaires pour que ça ne fonctionne pas si mal. » L’équilibre naît aussi des activités parallèles, chacun des membres enregistrant avec son groupe propre, The Limes pour David, l’intrigant (please) don’t blame Mexico pour Maxime, des projets qui au final permettent d’alimenter en retour le propos de Toy Fight. « Ça nous laisse l’occasion de faire un choix parmi nos compositions, c’est très rafraichissant. »

La maturité de l’album Peplum signé chez les prestigieux City Slang surprend, et pourtant, pour le groupe, il ne constitue qu’une étape vers des arrangements encore plus sophistiqués. L’intégration de musiciens complémentaires, violoncelliste, harpiste, trompettiste, et la qualité des arrangements élèvent la pop, mais conduisent à rapprochements négligents : le groupe se voit régulièrement rappelé des influences telles que Belle & Sebastian, alors que ses affections lorgnent du côté des groupes XTC , The Monochrome Set ou Neutral Milk Hotel, des influences qu’il ne cherche pas forcément à digérer, et c’est peut-être ce qui le distingue une fois encore. On le sent libre, parfaitement émancipé, explorant avec bonheur les voies qui sont les siennes. Tout semble même possible, et quand on s’amuse avec Maxime à propos de son activité de journaliste au sein du magazine VoxPop, il affirme vivre les choses avec un certain détachement. « Tu sais, de recevoir à son tour la critique des autres, je le vis plutôt bien, et puis admettons qu’en France on nous a plutôt épargnés. » Il est vrai que les critiques ont été élogieuses, de manière justifiée. On se prend à le taquiner à propos d’un article qu’il a écrit sur Camelia Jordana. Alors, Maxime, auteur de chansons pour la demi-finaliste de La Nouvelle Star, sur M6 ? Et là, surprise : « Si on me donnait l’occasion d’écrire pour elle, je serais content. Je lance même un appel par l’intermédiaire de Novo. » Nous, on transmet volontiers, même si fondamentalement on s’en fiche un peu. Secrètement, on était pour Leila, mais chut…

Par Emmanuel Abela

Album : Peplum, City Slang
www.myspace.com/toyfight

Toy Fight, en concert dans le cadre de Novosonic 6, le 29 octobre à l’Atheneum, à Dijon
03 80 39 52 20 – www.myspace.com/novosonic

 

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