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Contre-temps, pas de split sans banana

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Pour la deuxième année consécutive, le festival Contre-temps invite la culture urbaine au Cinéma Star de Strasbourg. Rencontre avec Flore Tournois adjointe de direction qui nous en dit plus sur la soirée Split-mix programmée le 9 juin à partir de 20h.


Ce n’est pas la première fois que le cinéma Star collabore avec Contre-temps, pouvez-vous nous expliquer la naissance du partenariat ?

À Strasbourg, on a tendance à tous se connaître un petit peu puisque Strasbourg est un grand village. En tant que personne curieuse de ce qui se passe en dehors des salles de cinéma - car on sort à un moment des salles de cinéma - il m’est arrivé d’aller dans des concerts de Contre-temps et de rencontrer les organisateurs. Ce qui est intéressant c’est que c’est un festival qui n’appartient pas à un lieu propre mais qui s’installe dans des bars ou sur des places. Pendant la période du festival, ils sont itinérants et du coup nous est venue l’envie d’être un point de chute de Contre-temps en proposant une soirée un petit peu particulière. Nous souhaitions sortir de notre programmation habituelle de salle de cinéma.

L’univers de la musique électronique rencontre le cinéma, cela a dû être un défi pour vous tous. Comment avez-vous construit les ponts qui vous ont permis d’en venir à un événement comme la soirée SPLIT MIX ?

Cela fait longtemps que la musique électronique a pris une place dans l’univers des cinémas. D’abord au niveau des bandes-son puisqu’il y a de plus en plus de personnes connues de la musique électronique qui sont intervenues dans des bandes originales de film. Par exemple Para One qui est connu pour ses morceaux électro et qui a fait toute la bande son du film Naissance des pieuvres. Ensuite il y a la naissance des ciné-concerts électro. Avant on avait tendance à avoir uniquement des ciné-concerts avec des lives acoustiques et ces dernières années, il y a eu énormément de groupes électro qui se sont prêtés au jeu. Des DJs ou des machinistes qui sont avec leur ordinateur jouent avec les sons et du coup, l’envie de mélanger musique et image nous est venue tout naturellement. Il y a aussi toute la culture VJ qui a émergé ces 10-20 dernières années et nous  arrivons à un moment où la salle de cinéma a pour rôle d’accueillir ce type de performance.

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Le résultat du mélange de ces univers c’est la soirée SPLIT MIX, une soirée de déambulation. Pouvez-vous nous expliquer le titre « SPLIT MIX » ?
SPLIT MIX, c’est le mélange de SPLIT venant de Split Screen qui est un procédé audiovisuel de division de l’écran en plusieurs images. Dans L’Affaire Thomas Crown, tout le générique de début est fait en Split Screen, c’est-à-dire qu’il y a plusieurs images dans le même cadre. Et Mix, pour mix de DJs, pour mélange puisque ça va être une vraie soirée de mélange.

Mettez-nous un peu l’eau à la bouche et parlez-nous de la programmation de la soirée. Par quoi ça va commencer ?
Nous avons une première partie de soirée de 20h à 22h avec la programmation d’un film documentaire sur la soul music, Soul Power qui est un documentaire sur le festival de soul music du Zaïre en 1974. Un festival cultissime pour les amateurs de soul music, de black music. Ça va groover puisque Contre-temps est un festival électro-groove qui puise ses origines dans le mélange et dans la musique noire. Soul Power est un film qui va sortir le 10 juin donc nous l’avons en avant-première ce mardi 9 juin pour ouvrir la soirée. Ceux qui ont tout de suite envie de se mettre dans le bain, viennent dès 20h. Ensuite à 22h30, une déambulation est prévue. Nous cassons un petit peu les idées que l’on peut avoir sur le cinéma. On n’est plus dans un système passage à la caisse, direction la salle, on va pouvoir circuler. Il y a une véritable envie de circulation, de flux, d’être dans une salle du début à la fin mais avec la possibilité si à un moment on veut voir ce qui se passe ailleurs de le faire. Normalement, on vient pour une salle, un film, mais là on peut passer d’une salle à l’autre sans aucun problème avec son verre à la main puisqu’il y aura une buvette. L’année dernière ça a été la première expérience et ce qui faisait le plus plaisir aux gens c’était déjà cet espace qu’on ne connaissait pas décloisonné, et qui s’était ouvert. On pouvait alors monter, descendre, rester une demi-heure, rester 5 minutes ou rester une heure et demi dans la même salle.

Donc le public aura tout le loisir de s’approprier son cinéma préféré…

C’est vraiment ça. Le cinéma de proximité comme lieu de pratique culturelle, comme lieu de vie. Il y a un moment où pendant un concert, on peut sortir de la salle avec son verre à la main, aller à l’extérieur et revenir. Ca va être le même principe.

On pourra également passer d’une salle à l’autre pour zapper entre les films ?

Alors justement, il y a eu un choix soit pour les personnes qui ont vraiment envie de regarder un film du début à la fin d’avoir cette possibilité, soit d’être dans un système où il y a une narration qui n’impose pas de rester du début à la fin. Par exemple vous avez un ciné-concert d’1h20 par Radio Mentale qui est un film de montage d’images successives très fortes, ce qui fait qu’il n’y a pas une narration qui impose de rester du début à la fin avec le déroulement d’un scénario. C’est une histoire visuelle forte donc on a la possibilité de rester, repartir, revenir. Dans la salle avec les clips de la scène live de Jazz Mix, on vient, on se prend 5 minutes de scène live dans les oreilles et dans les yeux et on peut partir donc il y a des modules différents selon les envies, on peut passer ou pas d’une salle à l’autre. Sachant que les gens qui ont déjà vu The Party ont peut-être juste envie de voir un bout du film plutôt que de rester du début à la fin bien que ce soit dommage. Quand on rentre dans une histoire on a envie de la dérouler jusqu’au bout mais là, il s’agit de faire des choix ou pas. Cette histoire de SPLIT MIX c’est avant tout faire des choix ou pas.

Et pour le dessert, pas de SPLIT sans banana avec une programmation toute spéciale pour les spectateurs qui auront le loisir de découvrir des courts-métrages pornographiques danois.
Alors c’est l’histoire  d’une rencontre avec un artiste qui s’appelle Bertrand Gondoin qui sévit, si j’ose dire, au Musée d’art moderne chaque année pendant la nuit des musées. Il nous a déniché des courts-métrages pornographiques danois des années 70 en super huit. Ce qui était drôle c’est qu’il nous appelle pour présenter ses trouvailles alors que nous étions avec Stéfan Robinot, le programmateur de Contre-temps. Ce dernier me dit : « mais attend c’est dingue, il y a un ami DJ du Jazz Club Collectif à Paris qui fait une compilation de films pornos des années 70 qu’il remixe sauce électro. Ce sont des musiques de films un peu psychédéliques, il y a vraiment quelque chose à faire ». On projette donc ces films et il y a une bande-son recréée pour l’occasion avec les périodes qui vont se rencontrer. Comme c’est une soirée où l’on peut picorer, nous avons programmé ces courts-métrages qu’il faut prendre bien sur avec le décalage nécessaire. Ce sera dans la salle 5 avec son sas et un canapé à l’entrée qui donne l’impression déjà de salle où il peut se passer des choses dark room. En plus, le récit des chroniques érotico-lubriques de Lucie Lux aura lieu ici. Nous avons vraiment eu l’envie de proposer des choses très différentes, ça nous a amusé. Il y a cette bande-son, il y a ces films et  il y a aussi Lucie Lux qui est une figure de l’érotisme local et finalement nous avons tout mis ensemble.

Je pense que ça va amuser beaucoup de gens ce décalage même si certains le prennent au premier degré. Les déambulations continueront par une soirée mousse. Je précise pour les auditeurs qu’il ne s’agit pas d’une soirée bière mais d’une soirée mousse avec des bulles de savon. En quoi va consister cette soirée ?
On peut quand même dire aux amateurs de bière qu’ils ne seront pas déçus puisque le hall du cinéma va se transformer en petite discothèque, il y aura des DJs et une buvette. En sortant de leur salle, les visiteurs arriveront dans une soirée mousse à partir de minuit et demi. Une vraie soirée mousse comme on en voit dans le Sud c’est-à-dire, 1 mètre 50 voire plus de mousse et c’est un vrai pari, un clin d’œil à The Party qui, pour ceux qui connaissent, se termine dans un joyeux bordel avec une soirée qui se transforme en soirée mousse et du coup, on s’était dit que ce serait quand même drôle de faire comme dans le film de Blake Edwards une soirée mousse au cinéma. À partir de minuit et demi jusqu’à deux heures on pourra danser, s’amuser parce que c’est un peu notre fête du cinéma au Star avant la fête nationale du cinéma.

Sur le programme, vous mentionnez également les animations d’une créature hystéro-électrique ? Électro-groovique ? Une personnalité nommée Corrine. Mais qui va être cette personnalité et comment va-t-elle animer la soirée ?
Corrine est connue dans certains milieux puisqu’il ou elle a été animatrice sur Pink TV, a fait certains spectacles, DJ, des improvisations. C’est vraiment une touche à tout et par amitié pour le programmateur du festival Contre-temps, elle viendra animer tout ça à la fois par ses excentricités vestimentaires, d’improvisation, ses platines et ses disques vinyles puisque c’est quelqu’un qui est DJ… ou Djette à choisir.

Des films à picorer, de la mousse…
Et une scénographie entière du cinéma puisqu’il est complètement revisité. On habille le cinéma à la fois par les films mais le site même va être transformé par Maël Bernard qui est élève en scénographie aux Arts décoratifs de Strasbourg.

Propos recueillis par Miss Alpha et Nicolas Borg

Photo : Julien Gérard

Split Mix Déambulation ciné-électrogroove, dans le cadre du festival Contre-temps, au Cinéma Star, le mardi 9 juin à 20h.
www.cinema-star.com


 

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