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Jean-Louis Murat, Poétiquement incorrect

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Une guitare folk posée contre le lit, la photo d’un enfant, des fringues jetées en vrac, quelques livres (Héros oubliés du rock’n’roll de Nick Tosches, Nouvelles de JD Salinger, Professeur de Beauté de Proust et Montesquiou) et les précieux cahiers qu’il noircit chaque jour d’une écriture serrée… Murat reçoit dans sa chambre d’hôtel pour une interview sans langue de bois en forme d’abécédaire.


Amant
Ah bon, les autres chanteurs n’utilisent pas le mot amant ? Hier j’ai noté une phrase sensationnelle dans une lettre de Proust : « En ouvrant Le Capitaine Fracasse de Théophile Gautier, dès les premières pages plus de vingt termes inconnus de nous nous surprennent. On peut peut-être soutenir que pour certains livres, ces mots exacts sont comme les clous précieux qui fixent immuablement la trame du style et lui interdisent ce flottement qui ne résiste pas à l’outrage du temps. » Je suis très curieux de nouveaux mots. Le chansonnier Béranger utilise un français du 19ème. À l’époque, il n’y avait que 5% de la population qui savaient lire et écrire, pourtant tous les Français connaissaient les textes de Béranger. Maintenant, les mecs ont tous bac +15 et ils ne comprennent pas ! Ce n’est pourtant qu’un chanteur populaire, mais les gens ne sont plus habitués aux imageries poétiques.

Béranger (célèbre chansonnier français du 19e, 1780-1857)
J’ai passé un an avec lui. J’y suis venu par curiosité et depuis, plus je le connais plus je l’apprécie. C’est un sentimental, un autodidacte, un ouvrier, un modeste (peut-être un faux modeste ?). J’aime sa volonté de vouloir faire passer la poésie dans la vie politique et sa façon de porter ses idéaux républicains. Il a aussi un franc parler. En plus, c’est l’origine de la chanson française.

Camille, Carla et Jennifer Charles (chanteuses présentes sur les derniers disques de Murat)
J’aime les femmes et j’aime chanter avec les femmes. Il n’y a pas de quoi appeler un psy ! J’aime beaucoup écrire au féminin. J’utilise un peu toutes ces filles pour entendre mon “moi féminin” avec cette idée un peu bébête de le mettre en avant parce que je le trouve plus intéressant que mon “moi masculin”, au moins quand je travaille. Je suis un manipulateur : elles me permettent de donner un peu de profondeur à ce que je fais et un écho féminin à mes préoccupations. Lorsque j’ai travaillé avec Isabelle Huppert pour le disque Madame Deshoulière, c’était ça aussi. Il faudrait toujours trouver des gens de la qualité supérieure d’Isabelle.

Daho
C’est une habitude à la con de parler de lui dans mes interviews. Je pense que je suis attaché à Daho parce que quand je dis Daho, je pense Dahu ! En Auvergne, le Dahu est très présent. Il y a des gens qui ne doivent pas savoir ce qu’est un Dahu. On ne va quand même pas réduire le champ de l’expression et le champ de l’imagination à quelques mots pour s’aligner sur eux! Maintenant que je suis un grand garçon, je me rends compte que je suis d’abord ma langue. Si on veut se donner de l’épaisseur, il faut densifier son langage. Le premier ouvrage que j’ai lu était un dictionnaire. Ça m’a profondément marqué. Je reste très attaché aux dictionnaires, d’ailleurs je les collectionne. Par exemple, j’ai trouvé l’expression « les oiseaux qui se branchent » dans Raboliot de Maurice Genevoix. Je n’y avais jamais pensé, c’est très joli. Utiliser des mots rares dans mes chansons pour jouer sur la musicalité me donne plus de liberté. Moi qui suis un gars du peuple qui a surtout entendu parler patois dans sa jeunesse, je suis très attentif aux mots. J’ai le zèle excessif de ceux qui défendent leur deuxième langue !

États-Unis
Je suis très pro-américain, un peu par provoc. Je fais partie des 3% de Français qui étaient pour l’intervention en Irak. La France est une grenouille qui se prend pour un pachyderme. Malheureusement, le Français a perdu son impertinence, cette liberté d’expression qui faisait son charme au 18e. C’est pour ça que je ne veux plus donner d’interview, parce que je ne peux pas dire autre chose que ce que je pense… Le jour où ça m’a paru évident que la liberté d’expression n’était plus garantie, c’est lorsque la justice s’est emparée des déclarations de Houellebecq. Si tu commences à enlever de l’histoire des arts et des lettres françaises tous les pédophiles, tous les drogués, tous les déviants, il ne reste qu’Henri Troyat et Yann Queffélec ! Cette censure crée une ombre portée qui altère la liberté d’expression d’une façon presque plus grave que sous l’Ancien Régime. Il ne faut plus fumer, plus bouffer de barbaque, plus mater le cul des filles… On vit dans un monde d’hypocrites.

Frédéric Nietzsche
Il y a une espèce de dégringolade depuis vingt ou trente ans. Il faut remonter la pente en reprenant l’habitude de penser contre soi. C’est ce qui manque beaucoup en France.

Gainsbourg
Pour accéder à une notoriété indiscutable Gainsbourg s’est transformé en Gainsbarre. Si je voulais faire des télés, il faudrait que j’abdique la meilleure partie de moi-même. À la fin, Gainsbourg devait sa notoriété au Gainsbourg pas du tout intéressant qui rote, qui pète et dit n’importe quoi. J’en veux beaucoup au public et aux médias français de l’avoir dégradé et à mon avis il est mort très malheureux. Pour moi qui écrit des chansons, il n’y a rien à tirer de Gainsbourg ou de Bashung en ce qui concerne la langue. On arrive à une abstraction, à un lyrisme abstrait, comme si la langue avait flirté avec le dadaïsme et le surréalisme. Une langue des années 70-80, mélange de Dada et de Séguéla mâtinée de forme anglo-saxonne. Le classicisme de Bossuet est plus enthousiasmant et beaucoup plus porteur de promesses. Les œuvres de Rabelais ou de La Fontaine sont bien plus fertiles que les textes de Bashung, lequel emploie une sorte de langage publicitaire toujours à la limite du calembour et qui fonctionne comme des slogans. Je crois que Bashung bâtit ses mélodies en yaourt et qu’il essaye ensuite d’y mettre des trucs délirants au forceps !

Histoire
Quand j’étais gamin, mon idée était de devenir prof d’histoire. Je pense que si mon travail a un sens, c’est parce que j’essaye de le soutenir par une dimension historique. Qu’est-ce que la chanson française, qu’est-ce que c’est la France, qu’est-ce que notre langue et qu’est-ce que s’exprimer avec notre langue ? Ce sont des questions importantes auxquelles je trouve des réponses parfois à la va-vite ou à l’emporte-pièce. Le 17e avec Madame Deshoulières était intéressant, mais je trouve que le 18e a une qualité supérieure. C’est pour ça que je fais La Fille du Capitaine, que j’aime Pouchkine ou que j’appelle l’album Moscou. L’incendie de Moscou est un fait historique fascinant, tout comme la retraite de Russie.

Internet
J’ai beaucoup pratiqué Internet, mais je trouve que c’est un petit territoire de voyous. C’est un genre de peep-show universel sauf pour les scientifiques ou les gens qui ont à se donner des nouvelles. C’est ma maison de disques qui m’a mis la pression. Ils trouvaient que je n’étais vraiment pas moderne. J’ai mis une chanson par mois sur le Net et je suis devenu très moderne. Très con, mais très moderne. Je filais une chanson par mois ou par semaine, que les gens téléchargeaient et je n’avais jamais un seul merci. C’est un peu ce qui m’a arrêté. L’anonymat amène les gens à se comporter comme des trous du cul. Je ne suis pas Net du tout. Je vais faire péter tous les ordinateurs ! Même pour faire les disques il n’y a plus que des ordinateurs. Si tu veux bosser à l’ancienne tu ne trouves plus rien !

Fred Jimenez (bassiste, compositeur et arrangeur de l’album Bird on a poire)
C’est mon grand copain, il est très doué. L’amitié ne dure jamais très longtemps. Là ça dure mais il y aura bien un moment où ça va s’arrêter…

Krzystof Kieslowski (cinéaste, auteur de la trilogie Bleu, Blanc, Rouge)
C’est sans doute ma plus belle rencontre et mon plus grand regret puisqu’il est mort peu de temps après. C’est lui qui a énormément insisté pour que je chante la chanson de Rouge. Il m’a emmené à Varsovie avec lui. J’ai chanté, il me tenait par la main. Je m’en souviendrai toujours. Il me disait que j’étais un ange et qu’il voulait travailler avec moi. Je tombais des nues, si j’ose dire. Au retour de Varsovie, je n’étais plus le même mec. C’était la première fois qu’un type que j’admirais prêtait autant attention à moi. Il m’a parlé de choses qu’il sentait que je portais en moi et dont je n’avais pas conscience. Ça m’a donné confiance en moi. Quelle bienveillance !

Laboubée Dominique (chanteur des Dogs, décédé en 2002)
J’ai branché ma guitare en 76 et j’ai vécu pleinement tout le mouvement musical de cette époque. On jouait dans les festivals (avec Clara, ndlr) et j’ai connu la vraie vie de groupe des années 70 en France. Je me souviens très bien que les Dogs avaient la classe, c’était un modèle. J’étais content de rendre hommage à Dominique Laboubée (avec la chanson Gel et rosée sur Lilith, ndlr) parce que c’est un personnage qui a amené quelque chose de supérieur. Dans la manière de se comporter de Bashung, il a un peu de lui. Il a posé un genre, une espèce de dandysme viril, quelque chose de cochranien. Il avait un sens de la beauté et de l’esthétique qui d’un seul coup donnait une dimension artistique à la chose. J’étais très triste de la fin de tout ça.

Murat (Jean-Louis)
Mon nom n’est pas mon nom. Il y a une sorte de héros dans la famille qui s’appelle Jean-Louis Bergheaud et qui est mort en 1918. On m’a donné son nom et je n’arrivais pas à m’y faire. Quand enfin à 26 ans, j’ai décidé de changer de nom, ce fut comme une nouvelle naissance. C’est pour ça que je fais toujours plein de choses. J’ai voulu prendre le nom d’un héros supérieur à celui de la famille. Je ne trouverais pas mieux que Murat pour dépecer le héros familial, mais maintenant il faut remplir le nom ! Non, je ne suis pas plus connu que le Général Murat : même à mes concerts, les videurs ne me laissent pas rentrer ! Robert de Montesquiou revendiquait le droit de se complaire dans un art aristocratique de déplaire. Moi je ne le cherche pas spécialement, mais je sens bien que je frôle un comportement comme ça. Je n’ai pas vraiment d’amis. Il y a quelque chose dans ma nature qui fait que les gens ne s’attachent pas à moi. Je suis le mec largué par excellence. J’ai tellement peur d’être apprécié ou qu’on m’aime, que je reste dans un entre-deux un peu con. Ma première chanson écrite commençait par « Je voudrais être pris pour un autre ou que l’autre soit pris pour moi ». J’aime qu’on m’aime et déteste ceux qui m’aiment. Je n’en suis jamais sorti et je ne suis pas assez intelligent pour comprendre vraiment ça. J’ai un défaut de fabrication hérité de tous les alcooliques et de tous les suicidés de ma famille. Je suis d’une de ces familles alcooliques auvergnates qui ont baisé entre cousins pendant des générations. Je suis un peu dégénéré, décadent et j’ai des comportements irrationnels que j’ai beaucoup de mal à comprendre. La génétique, c’est important…

Nixon (titre d’une chanson sur l'album Moscou)
C’est une chanson gag contre les anti-américains. Leur bêtise me rend pro-américain. Chaque fois qu’il y a une idée fausse à défendre, la France la défend. Je pense que l’histoire va démontrer que l’intervention en Irak était une bonne chose. C’est très savoureux quand Le Monde titre « Et si Bush avait raison ? ». C’est pour les mêmes raisons qu’ils n’aiment pas John Ford ou John Wayne. Pour moi John Ford c’est au niveau de Shakespeare. John Wayne est mal vu, mais je préfère que la violence soit canalisée et que l’on fasse la guerre plutôt que de penser que l’on n’a pas d’ennemi.

Otis Redding
J’aurais voulu être Otis Redding qui m’a beaucoup influencé. C’est l’amant éconduit, l’amant malheureux. Dans la musique black des années 60, les mecs étaient très amoureux, très tendres (quand tu écoutes les textes de rap maintenant, tu hallucines !). Ils souffraient beaucoup et ne craignaient pas d’êtres tristes ou de pleurer. Je pensais qu’un chanteur devait être comme Otis qui était un grand romantique, un grand amoureux. Il y a une biographie qui sort et qui voudrait nous faire croire qu’il passait son temps dans les bordels. Ils ne vont pas péter tous les masters des disques d’Otis parce qu’il allait dans les bordels ! C’est surtout sa mort tragique qui me touche, le lac gelé, le mois de décembre… Murat poursuit les troupes sur les eaux gelées d’Austerlitz, tout le monde périt et ensuite il y a Otis qui s’enfonce dans les eaux gelées du lac lui aussi…

Peinture, poésie, photographie

Je me sers de mes photos comme support pour peindre. Je fais des autoportraits avec un Polaroïd parce que ça m’évite de faire des séances photos. Avant je faisais des séances photos qui étaient toujours catastrophiques. Que j’écrive ou que je peigne, je suis toujours un extracteur. J’ai une dizaine de cahiers dont un journal qui fait 450 pages écrit serré. Des trois projets (les deux albums Moscou et 1829 et le poème 1451, ndlr), le poème est celui auquel je tiens le plus. Les trois se tiennent, mais c’est celui qui est le plus intense et où je suis vraiment dedans. J’écris tous les matins et c’est souvent de la poésie. C’est mystérieux, je ne sais pas d’où ça vient. Mon premier amour, la fille de l’institutrice, était folle d’un poème d’Emile Verhaeren. J’en ai déduit que le moyen le plus sûr d’approcher le cœur des filles était de devenir poète. Je suis resté sur cette idée Vieille France que la plus haute forme d’expression était la poésie. Si une fille me plaisait, hop, en douce je lui filais un papier avec un poème dessus et ça faisait rigoler la classe. J’étais le poète de service. J’ai résisté assez longtemps à toutes les humiliations. J’ai écrit beaucoup de poèmes à une fille qui m’a toujours éconduit et qui maintenant est pharmacienne. Quand je vais à Clermont-Ferrand, j’aime me rendre dans sa pharmacie et faire celui qui ne la reconnaît pas… J’aurai bien aimé vivre à une époque où le vieux poète était la personne intouchable. Les filles ne pensent pas que les meilleurs amants, les vrais pornographes, les gens qui ont le sens de l’érotisme sont les poètes. Dans mon dernier disque, je parle de Musset et de gens comme ça, des queutards effrénés ! Le poète est un queutard. Verlaine a passé sa vie la bite à la main, Villon pareil !

Quinquagénaire
Quinqua c’est pas mal. Le temps passe et il faut bien faire avec…

Radio
Les gens raffolent de la variétoche bas du cul qui passe à la radio. Chez certains il y a un snobisme à aimer les trucs nuls. Aimer les choses nulles dénote un dégoût de soi-même qui fait froid dans le dos. J’ai l’impression que pour Delerm ou Bénabar, la musique s’est arrêtée en 1955 et qu’elle reprend en 2005. Qu’Elvis Presley, Bob Dylan ou Keith Richards, ça n’a jamais existé! Cette nouvelle chanson française parle d’un pays qui n’existe plus, de rapports humains qui n’existent plus. Une espèce de nostalgie faite par des jeunes vieux qui n’ont aucune insolence. Heureusement, quelques-uns comme Fabien Martin et Ridan sortent du lot. Nier l’histoire du rock’n’roll, je trouve ça terrible…

Stakhanoviste
C’est insupportable d’être traité de stakhanoviste. Ça ne veut rien dire. T’as envie de leur montrer L’Homme de fer de Wajda. Je ne travaille pas pour un quelconque Staline. Pour les journalistes, chaque fois qu’il tombe de la flotte c’est dantesque, chaque fois qu’ils sont enfermés dans un couloir c’est kafkaïen, chaque fois qu’ils se demandent qui saute la mère ou la fille c’est cornélien, chaque fois que tu dépasses les 35h c’est Stakhanov…
J’aime bien être d’un voltage supérieur : je fatigue ma maison de disques, je fatigue mes auditeurs, je fatigue les journalistes qui disent « Oh non, tu as déjà sorti un disque il y a six mois ! », les vendeurs qui disent « Oh non encore un Murat ! », c’est la mollesse du public qui me tue. Pas le fait de jouer et de chanter, car c’est vraiment là que je prends mon pied. Ce qui me plaît en ce moment, c’est d’être guitariste. Je m’éclate à la guitare électrique, c’est un instrument magique. Si tu ne bosses que 35h par semaine, tu fais un disque tous les quatre ans. Moi je crois à la valeur du travail. Lire un papier jusqu’à la fin demande un effort, mais on a un peuple de téléspectateurs qui ne lisent que les titres. L’accusation de stakhanoviste me nuit énormément. Bientôt ils vont nous mettre un compteur sur la bite !

Télévision
Ils me disent tous que je serais un excellent client : c’est pour ça que je n’y vais pas. Si tu es un bon client pour les télévisions, quand tu rentres chez toi tu peux te poser des questions. La télé tue le cinéma, tue la littérature, tue la poésie, tue la musique… Tout ce que la télévision touche va mourir. Et ces cons de Français sont quand même arrivés à 35h par semaine devant la télé ! Yves Bigot, le meilleur spécialiste français de Bob Dylan, est désormais le chef d’orchestre sur France 2 et France 3. Quand je lui ai dit qu’il était gonflé, il m’a répondu que je n’avais qu’à lui trouver un job qui paye aussi bien. Tout est dit par ce type que j’aime beaucoup et qui normalement est dans notre camp. C’est le résumé de l’époque. Tout le monde est prêt à oublier ses idéaux contre un salaire. La télévision accélère la disparition de la culture, des langues, de l’exigence. C’est le triomphe de la médiocrité. C’est le diable qui prend possession des consciences.

Usine à tube
Moi je fais mes chansons comme Dylan, mais je comprends que la variété essaye de fabriquer des tubes. Ils le faisaient déjà dans les années 70. Le problème, c’est que maintenant ils appliquent la même méthode, mais ils écrivent de la merde.

Vitesse
Je vais toujours à fond. J’ai une trouille de mourir effrayante. Si je ralentis, je meurs. Dans vitesse il y a vit. Ça me plaît bien du coup vitesse.

Wayne (John)
Être John Wayne ou rien. J’aurais aimé partir dans le Far West en 1860, découvrir des horizons. J’aurais été de ces gens qui quittaient l’Europe en pensant que c’était un continent carbonisé et qui allaient tenter l’aventure ailleurs. Il n’y a plus de Far West, c’est peut-être ça le drame qui nous ronge tous. Il n’y a plus que des Far West intérieurs, mais à chaque carrefour il y a Freud ou Jean-Paul Sartre, donc t’as pas envie d’y aller. On ne sait plus où se mettre tellement il n’y a plus de Far West. On peut toujours rêver la nuit qu’on est John Wayne.

X
Tout ce qui est classé X me paraît très attirant. C’est mon classement préféré, ça me fait chaque fois penser à une femme qui croise les jambes. C’est très excitant.

Y (i grec)
J’aime beaucoup la Grèce. Ces Grecs savaient vivre.

Zibeline Tang (titre d’une chanson de l’album Lilith)
C’est une sorte de nom fantasmé qui est un mélange d’Anna Karenine, de Gong Li et de Scarlett O’Hara. Zibeline Tang, la femme de mes rêves…

Propos recueillis par Philippe Schweyer le 17 mars 2005, à Genève (poly n°85)
Photo : B.Benant



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