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RÉFLEXION(S)

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Daniel Buren vient souffler la 1ère bougie du Centre Pompidou-Metz. Pour l’occasion, il nous offre deux installations qui viennent repenser l’espace muséal et l’expérience du spectateur. Les rayures se font plus discrètes pour une architecture, bien présente…

Il existe parfois des liens uniques qui unissent un artiste à un centre d’art. Pour son premier anniversaire, le Centre Pompidou-Metz renouvelle son attachement à Daniel Buren en l’invitant pour un nouveau projet dans la spectaculaire Galerie 3. Connaissant le lieu depuis sa construction, l’artiste qui « vit et travaille in situ » s’appuie sur la volonté paradoxale des architectes Shigeru Ban et Jean de Gastines de construire un musée qui dirige le regard du spectateur sur l'extérieur. « Il me semblait claire qu'il y avait quelque chose à faire et je dirais que l’idée est de réintroduire dans le musée quelque chose qui lui est extérieur et qui est extrêmement fort. » Dans la première installation La Ville empruntée, multipliée et fragmentée : travail in situ, Daniel Buren renvoie dans le musée une vision panoramique de la ville de Metz. Cette vue se démultiplie grâce à un jeu de miroirs dans un dialogue permanent entre intérieur et extérieur. Le plafond de la galerie 3 offre aussi une incroyable ressource pour l’installation puisque son éclairage est divisé en 60 zones que Daniel Buren a choisi de dégrader pour jouer sur un subtil rapport de lumière naturelle / lumière artificielle.

La seconde partie est consacrée aux cabanes éclatées imbriquées, travail plus architectural de déconstruction amorcé dès 1975. L’installation consiste en une série de cabanes aux surfaces intérieures colorées, constituant vue du dessus une suite de formes géométriques s'interpénétrant. Daniel Buren nous a confié utiliser comme à son habitude un protocole pour se dégager de tout choix personnel des couleurs. Ces dernières se succèdent dans l’ordre alphabétique du nom des trois couleurs primaires plus le magenta, suivant la langue du pays dans lequel il expose. Ce procédé lui permet de sortir d’un possible choix esthétique et signifie que la même installation présentée dans un autre pays, serait tout à fait différente. Ces indications de couleurs sont ici la seule façon pour le spectateur de distinguer dans sa progression l’intérieur des cabanes, de leurs surfaces extérieures noires. Les parois laquées forment aussi un jeu de réflexion avec le spectateur, donnant son titre à l'ensemble de l’exposition : Échos.

En ce qui concerne les rayures, Daniel Buren a choisi d’en faire l'économie, et elles n’apparaissent que dans l’encadrement des portes des cabanes et sur le mur du fond de la première installation. Il privilégie dans cette nouvelle exposition l’expérience physique du spectateur et sa relation avec le lieu. Il pense lui-même que ces deux travaux sont parmi les plus difficilement filmables et photographiables et que rien ne vaut une appréhension in situ. La meilleure solution est donc de se rendre compte de visu.

Par Amandine Sacquin / Photo : Stéphanie Linsingh
Article paru dans Novo #15 (automne 2009)

DANIEL BUREN ÉCHOS, TRAVAUX IN SITU, exposition jusqu’au 9 septembre au Centre-Pompidou Metz, Galerie 3

www.centrepompidou-metz.fr


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